Notre conscience a manifestement besoin d’une représentation du monde qui témoigne d’une certaine légalité et, là où l’absurde est évident, nous veillons à projeter des fabulations (des formes symboliques, des explications logiques) sur les phénomènes que nous percevons, quelquefois jusqu’à nous aveugler. Au registre de ces aveuglements, les Paradis Perdus (« C’était mieux avant… » ou « Ce serait mieux si… » ) servent souvent de départ à notre délibération, nous empêchant de voir les vraies manifestations d’humanité que nous croisons dans la jungle de notre quotidien. Ivre de mots, de concepts et d’explications logiques, notre conscience noétique [Tulving, 1985], notre moi dogmatique et technique lutte au quotidien pour nous livrer une image du monde statistiquement apaisante, comme le ferait une Intelligence Artificielle.