Après mûre réflexion, chacun peut réaliser combien il se vit comme un personnage, le héros d’une histoire, exempt des contingences auxquelles sont soumises les personnes. L’aliénation réside dans la projection d’un moi réel (« Le réel, c’est quand on se cogne » aurait dit Jacques Lacan) dans un moi fictif, moins soumis aux contingences. Une lecture raisonnée de cette narration ne manquera pas de faire tomber quelques-unes des écailles qui focalisaient notre regard sur ce moi souvent un peu trop sublime pour correspondre à notre activité effective. C’est une tâche dévolue à notre conscience auto-noétique [Tulving, 1985] que d’élucider le fonctionnement de ce moi héroïque et narratif.