Contenu du cours
ATELIER 03 : Je suis empêché par mes légendes personnelles. Inviter le MOI héroïque et narratif à sa table
Comment quitter les histoires dont je suis le héros (triomphant ou pas) pour renouer avec l'exercice sincère de moi ?
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ATELIER 04 : Je suis sourd quand il n’y a pas de mots. Ressentir le message du MOI atavique et sauvage
Où il est proposé d’identifier les cerveaux comme acteurs à part entière de notre délibération intérieure, sans désespérer de notre libre-arbitre.Tous les messages vitaux ne sont pas verbalisés. Comment décrasser mon oreille intime ?
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ATELIER 07 : Désolé, il me faut encore un dessin. Faire comme le Jongleur de mondes de Granville (1844)
Comment résumer les trois grandes atttitudes mentales qui restaurent la Joie de vivre ?
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RAISON GARDER : Comment continuer à raison garder ?
Et demain ? Je fais quoi ?
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RESSOURCES : les Portraits à rencontrer
Parce que c’était eux, parce que c’était moi… Cette liste commentée recense les penseurs évoqués au cœur de ce livre. La notice permet d’identifier pourquoi l’auteur a été cité ou analysé et dans quelle mesure il a inspiré le propos tenu, ce qui permet d’éviter une lecture de ses Œuvres complètes…
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Raison garder. Manuel de survie des vivants dans un monde idéalisé

« Dans mon île » : est-il utopie plus partagée, fantasme plus souvent étalé, évocation plus partagée ou idée qui ait rencontré plus de succès que le concept de Paradis perdu ?

Là où Baudelaire a « vécu dans les voluptés calmes, / Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs / Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs, / Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes, / Et dont l’unique soin était d’approfondir / Le secret douloureux qui me faisait languir. » [Les fleurs du mal, 1857]

Là où, selon Milton, « loin de ces fleuves, un lent et silencieux courant, le Léthé, fleuve d’oubli, déroule son labyrinthe humide. Qui boit de son eau oublie sur−le−champ son premier état et son existence, oublie à la fois la joie et la douleur, le plaisir et la peine » [Le Paradis perdu, 1667].

Là où, selon le mythe biblique, l’homme pouvait « manger tous les fruits du jardin » et où « L’homme et sa femme étaient tous les deux nus, et ils n’en avaient pas honte » mais où le dieu dictait clairement notre humaine condition : « tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain » (Genèse, 2, 16-25).

Là où, selon Henri Salvador, « On n’fait jamais rien / On se dore au soleil qui nous caresse / Et l’on paresse sans songer à demain… »

Quel est donc le fondement du succès universel de ces Paradis perdus ? Qu’est-ce qui caractérise ce territoire où la Vie est toujours conjuguée au présent seulement, auquel tant aspirent malgré le « secret douloureux » de Baudelaire et « l’oubli » qui préoccupe l’aveugle Milton ? Pourquoi, au Paradis, le dieu immobile brandit-il cette menace envers l’Homme premier, celui qui agit ? Ce premier penseur meurt-il physiquement ou perd-il simplement son badge d’accès au Club Med originel ? Et pourquoi, dans la droite ligne de la Chute, brûle encore cette condamnation à « gagner son pain à la sueur de son front », condamnation par laquelle naît… l’Humanité.

[définition hunyadi, 3 réflexes :

  1. trouver le sanctuaire dans l’expérience directe de la vie > force d’âme
  2. trouver le sanctuaire dans le dogme > conformité > l’artifice est un sanctuaire]

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L’idée est un sanctuaire, elle est absolue et un absolu n’a que cette qualité. Pas d’attribut, pas de modalité, pas de qualification > l’idée a l’avantage de ne pas exister > plasticité***