Contenu du cours
ATELIER 03 : Je suis empêché par mes légendes personnelles. Inviter le MOI héroïque et narratif à sa table
Comment quitter les histoires dont je suis le héros (triomphant ou pas) pour renouer avec l'exercice sincère de moi ?
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ATELIER 04 : Je suis sourd quand il n’y a pas de mots. Ressentir le message du MOI atavique et sauvage
Où il est proposé d’identifier les cerveaux comme acteurs à part entière de notre délibération intérieure, sans désespérer de notre libre-arbitre.Tous les messages vitaux ne sont pas verbalisés. Comment décrasser mon oreille intime ?
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ATELIER 07 : Désolé, il me faut encore un dessin. Faire comme le Jongleur de mondes de Granville (1844)
Comment résumer les trois grandes atttitudes mentales qui restaurent la Joie de vivre ?
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RAISON GARDER : Comment continuer à raison garder ?
Et demain ? Je fais quoi ?
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RESSOURCES : les Portraits à rencontrer
Parce que c’était eux, parce que c’était moi… Cette liste commentée recense les penseurs évoqués au cœur de ce livre. La notice permet d’identifier pourquoi l’auteur a été cité ou analysé et dans quelle mesure il a inspiré le propos tenu, ce qui permet d’éviter une lecture de ses Œuvres complètes…
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Raison garder. Manuel de survie des vivants dans un monde idéalisé

00.OUVERTURE

Être à sa place semble être l’aspiration fondamentale qui conditionne notre Joie de vivre. Nous allons souvent l’évoquer : quand vous ressentez dans votre corps, dans votre psyché comme dans votre vision du monde, que les choses tombent juste, votre vie est une réelle source de satisfaction [Diel, 1947] et cela vous permet de la vivre avec confiance [Hunyadi, 2023].

La recherche active de cette adéquation entre notre vie intérieure et la légalité des phénomènes du monde extérieur pourrait-elle être le “sens de la Vie,” comme le propose Paul Diel ?

Le problème reste que, pour déterminer si nous sommes réellement à notre place (pour Montaigne [1588] : si nous vivons à propos) et nous sentir légitimes là où nous sommes, nous sommes juge et partie (a) pour identifier cette ‘place’ autant que (b) pour évaluer si nous y sommes effectivement, sincèrement. Spinoza parle d’en avoir une idée vraie [Spinoza, 1677]. Oui, mais comment faire ?

Et puis, sommes-nous chaque fois certains de bien cerner ce ‘je’ dont nous évaluons la situation ?

Comment nous débarrasser des œillères qui altèrent notre jugement dans ce cas ? Comment arrêter de prétendre que nos vérités personnelles (fictives ?) sont la Vie elle-même, elle qui va son chemin sans nous demander notre avis ? Comment faire le départ entre nos désirs sincères, francs, univoques, et nos besoins créés artificiellement ? Comment remonter à la racine de nos insatisfactions et retracer un chemin vers la Satisfaction et la Joie de vivre ?

Partant, est-ce bien dans ces termes que nous cherchons à nous sentir à notre place ? En effet, Mark Hunyadi [2023] évoque à ce propos la confiance primale qui nous permet de vivre avec moins d’angoisse. En amont de celle-ci – et à son origine – ne parlons-nous pas simplement d’une obsession première que nous partageons avec tous les vivants : continuer à vivre ?

Dans ce cas, ‘être à sa place’ serait alors un sentiment apaisant qui procèderait d’un autre, plus fondamental : le sentiment de sécurité, c’est-à-dire – platement – la conviction que notre survie n’est pas en danger.

Parler de sécurité, c’est alors évoquer la somme variable (a) du risque pressenti, (b) de la confiance primale évoquée ci-dessus, mâtinée (c) du ressenti de notre puissance personnelle. Tout phénomène provoquant une diminution de notre sentiment de sécurité (donc une montée du risque au-delà de la somme des deux autres sentiments : confiance + puissance personnelle) génèrerait le besoin d’agir et enclencherait notre délibération.

C’est exactement à ce moment-là qu’il s’agit d’y voir clair dans la situation où l’on se trouve effectivement ! Et, c’est alors que raison garder n’est pas un luxe…

Première étape, constatons ensemble et admettons le trouble qui obère notre confiance de base : l’identifier et pister ses ‘tentacules obscurs’, c’est déjà ouvrir une fenêtre sur le Jardin…